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Sur la terre (comme au ciel, toute étoile), tout point
géographique est repéré par deux quantités:
sa latitude et sa longitude. La surface
terrestre est en quelque sorte quadrillée par un réseau de
«parallèles», de latitude déterminée, et
en effet parallèles à l'équateur, et de
«méridiens», grands cercles
perpendiculaires à tous les parallèles, passant par les deux
poles nord et sud. On compte les latitudes en degrés, minutes et
secondes d'angle, à partir de l'équateur, soit vers le nord,
soit vers le sud.
On compte les longitudes en heures, minutes et secondes de temps, à
partir d'un méridien origine, vers l'ouest, ou vers l'est.
Pendant longtemps, c'est le méridien de Paris qui fut, pour tous les
marins français, le méridien origine, comme il le fut pour les
géographes et les voyageurs; ce n'est qu'en 1884 que, sous l'influence
de la domination britanique sur les mers du globe, une convention
internationale adopta définitivement le méridien de Greenwich
comme méridien origine (un épisode que rappelle de
manière romanesque les aventures de Tintin dans «Le trésor
de Rackham le Rouge» d'Hergé...)
La «méridienne» de France est
constituée de l'ensemble
des éléments déterminant la position géographique
du méridien de Paris sur le territoire national. Le méridien de
Paris passe par le centre de l'Observatoire de Paris et traverse la France du
nord au sud, sensiblement de Dunkerque à Perpignan. Sa construction a
commencé en 1669, deux ans après la
fondation
de l'Observatoire de Paris, sur un arc reliant Paris et Amiens; à
cette occasion, l'astronome Jean Picard (1620-1682) a créé
les instruments et les méthodes de la géodésie
astronomique et a obtenu la première valeur précise de la
longueur du rayon terrestre.
Quart-de-cercle utilisé par l'abbé Jean Picard
Gravure extraite de l'ouvrage de Picard, La mesure de la Terre,
1671
La méridienne est achevée en 1718, grâce à
Jean-Dominique Cassini
(1625-1712), premier directeur de l'Observatoire,
à son fils
Jacques Cassini
(1677-1756), et à Philippe de la
Hire (1640-1718). Révisée en 1739)1740 (par l'abbé
La Caille,
Cassini de Thury
et Maraldi), elle est remesurée en
1792-1798, à la demande de la Convention, par
Delambre et
Méchain,
afin de servir de base à la détermination de la
longueur exacte du mètre (en 1799), défini comme la dix
millionième partie du quart du méridien terrestre. C'est
à partir de cette détermination que fut construit le
«mètre étalon» déposé au pavillon de
Breteuil à Sèvres, et détroné aujourd'hui par les
mesures extrèmement précises des longueurs d'ondes atomiques
effectuées au laboratoire.
Arago et Biot prolongent
ultérieurement les mesures de
Delambre et
Méchain
jusqu'aux Baléares.
Sextant employé
par La Caille au Cap de Bonne Espérance de 1750 à 1754.
Sextant mobile signé: «Langlois»; daté
«Paris, 1750»
Le mètre défini en 1799 est la base du système
métrique décimal créé par la Convention en
1795... Et il restera la base du «Système International»
(SI) d'unités créé en 1960, réalisant le voeu
de ses créateurs révolutionnaires:
«À tous les temps, à tous les peuples».
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