La restauration du bâtiment Perrault
Des travaux sont effectué à la fin du 18e siècle pour sauver la voute de l’Observatoire qui s’était fortement détériorée. Ces travaux sont aussi l’occasion de placer des petites coupoles d’observation sur le toit, plus d’un demi-siècle avant la création des grandes coupoles qui modifieront définitivement la silhouette du monument.
A l’origine, une vaste terrasse légèrement en pente recouvrait le bâtiment de l’Observatoire. Elle reposait alors sur les reins des seules voûtes, consolidées par une chape épaisse de ciment. Le tassement des lourdes murailles détériora progressivement la terrasse, créant ainsi des infiltrations d’eau de plus en plus abondantes.
En 1757, Grandjean de Fouchy, secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences, qui habitait l’ancien logement de l’abbé Picard du deuxième étage, fut contraint à déménager. L’année suivante, La Condamine nota que « le mur de 7 pieds d’épaisseur qui paraissait inébranlable, s’était séparé du pavé, et laissait un vide de plus d’une ligne ».
Conserver la forme extérieure du monument
Finalement grâce à l’opiniâtreté de Cassini IV, directeur de L’observatoire, les fonds nécessaires aux réparations furent débloqués et les travaux débutèrent à l’été 1786 avec la destruction totale de la terrasse et des voûtes. La restauration fut l’œuvre de Brébion et Renard.
Cassini IV aurait souhaité faire raser tout ce qui se situait au-dessus du deuxième étage ; cela lui fut refusé, selon l’intention du roi qui souhaitait conserver la forme extérieure du monument. L’Observatoire fut évacué complètement au mois de mars 1787. Cassini en sortit pour aller habiter une maison de la petite rue voisine, la rue Maillet déjà habitée par ses ancêtres, appelée aujourd’hui du nom de Cassini. Les travaux prirent fin en 1791.
Les voûtes furent reconstruites en jetant par-dessus d’autres voûtes en brique supportant de larges dalles de pierre posées à recouvrement les unes des autres avec une certaine pente pour l’écoulement des eaux. Au-dessous des voûtes de brique, un grand espace aéré et de vastes entrevoûtes furent aménagés. La grande salle de la méridienne fut divisée en trois parties dans sa largeur et deux lourds piliers y furent implantés.
Le projet de Cassini d’établir deux instruments sur chacune des tours grâce à la construction des doubles voûtes fut réalisé au siècle suivant par Arago, avec l’érection du grand équatorial de Brunner sur la tour de l’Est, puis par Le Verrier par celle de l’équatorial de Secrétan-Eichens en 1858 sur la tour de l’ouest.
Le Petit Observatoire du Nord
Enfin, sur la partie Nord fut jeté les assises d’un bâtiment que Cassini IV appelle Petit Observatoire du Nord. Il fut achevé plus tard par le Bureau des Longitudes. Le cercle de Reichenbach y fut placé en 1811, puis l’équatorial de 10 cm Gambey en 1826.

- Le Petit Observatoire du Nord.
- Jean-Dominique Cassini, Mémoires pour servir à l’histoire des sciences et à celle de l’Observatoire de Paris, 1810.
Dernière modification le 27 mars 2013
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