Instruments
A la différence des archives, le caractère patrimonial des instruments scientifique n’a été perçu que par intermittence à partir de la fin du XVIIIe siècle. En dépit des pertes survenues de ce fait, l’Observatoire de Paris dispose d’une très belle collection d’instruments d’astronomie et de physique tant à Paris qu’à Meudon.
Du Musée de Cassini IV à celui de l’Amiral Mouchez

- Etat des instruments de mathématique et de physique de l’observatoire royal, 1er avril 1791
Cassini IV est le premier à avoir l’idée d’un musée de l’astronomie destiné à le "débarrasser des visites très importunes des curieux et des étrangers qu’il était d’antique usage à l’Observatoire de laisser entrer dans les cabinets d’observation". Il fait placer dans la grande et prestigieuse salle méridienne du second étage "quantité d’objets propres à satisfaire la curiosité du public", notamment de vieux instruments qu’il juge sans intérêt. En 1791, dans une situation tendue, il dresse un état des instruments appartenant à l’Observatoire royal. Un deuxième est réalisé en 1793 devant Cassini, "cy-devant directeur", par les commissaires Étienne Le Noir (1744-1832), Jacques Charles (1746-1823) et Jean-Nicolas Fortin (1750-1831), délégués par le Ministre de l’intérieur. Ils dénombrent 17 pendules, 13 lunettes, une cinquantaine d’objectifs dont les plus anciens sont de Campani, de Borelli et d’Huygens, 5 télescopes et 13 micromètres.

- Théodolite fabriqué à Prague par Erasmus Habermel
Beaucoup de ces instruments semblent avoir disparu en 1878, lorsque l’amiral Mouchez développe un projet de musée. Il déplore en effet que l’Observatoire « n’ait gardé que des traces relativement récentes de son passé scientifique et presque pas de l’époque de sa fondation. Néanmoins une collecte active permet de présenter en vitrine dès 1879 de beaux instruments : instruments mathématiques d’Erasmus Habermel (1538 ?-1606) retrouvés dans un placard des archives, étalons du système métrique, appareils d’optique de Fresnel et d’Arago, appareils de Fizeau et de Cornu relatifs à la détermination de la vitesse de la lumière, théodolite, lunette méridienne portative etc. On y ajoute une très belle pendule astronomique de Pierre Fardoil (actif de 1684 à 1722) restaurée par Passerat. Le Journal illustré de mars 1879 montre par ailleurs qu’au 2e étage, « la salle du méridien » était toujours aménagée pour les visites et abritait des bustes et des instruments de grande dimension.
En 1880, Lucie Laugier (1823-1900), nièce de François Arago, fait à l’Observatoire le don de ses instruments, tandis que l’année suivante est marquée par l’arrivée des instruments d’astronomie du Musée Carnavalet et le retour d’instruments prêtés autrefois par le Bureau des longitudes à l’Observatoire de Toulouse, comme le sextant emporté par La Caille au Cap de Bonne Espérance ou le quart-de-cercle de Bird utilisé par Lalande pour son catalogue d’étoiles. On fait le projet d’une nouvelle salle réservée au système métrique et d’un inventaire confié à Charles Wolf. Le public est accueilli le premier samedi de chaque mois et quatre astronomes sont désignés pour recevoir les quelque 200 visiteurs ainsi admis à chaque séance, et leur montrer les quatre principaux instruments de l’Observatoire.

- Le Laboratoire d’optique, salle Cassini
La guerre de 1914-18 entraîne la mise à l’abri de certaines pièces des collections, comme les règles de Borda qui ont servi à la mesure de la méridienne par Delambre et Méchain, sans que l’on connaisse la liste exacte de ce qui a été provisoirement déménagé. La salle de la tour de l’Est, jusque là réservée aux instruments et aux photographies astronomiques modernes, est affectée en 1920 au Bureau International de l’Heure. La salle du méridien est quant à elle dévolue au laboratoire d’optique en 1924. La plupart des instruments du musée délaissé rejoignent alors la bibliothèque.
Dans les années 80, le déménagement du laboratoire d’optique, établi jusque là dans la salle méridienne, permet à la Bibliothèque de nouveaux enrichissements à Paris. A Meudon, un petit groupe de chercheurs, sous la direction d’Audouin Dollfus, entreprend de collecter le patrimoine instrumental de l’Observatoire de Meudon. Ce travail se poursuit dans les décennies suivantes avec plus de 500 fiches descriptives d’instruments rédigées par Audouin Dollfus.
Si le travail de collecte dans les départements scientifiques sur les deux sites est aujourd’hui loin d’être achevé, d’importants chantiers ont été menés sur les instruments, principalement à Paris, dans les années 2000 : restaurations, inventaire et recotation, récolement, collecte d’informations relatives aux instruments dispersées dans les archives. La Bibliothèque travaille actuellement à un projet de base de données des instruments.
Dernière modification le 26 février 2013


