|
Jean-Dominique, comte de Cassini, est né à
l'Observatoire de Paris le 30 juin 1748. Il fait ses études
secondaires au Collège du Plessis à Paris puis chez les
Oratoriens à Juilly.
En 1768 il voyage dans l'Atlantique au titre de «commissaire pour
l'épreuve des montres marines » inventées par
Pierre Le Roy. Il va ainsi en Amérique puis sur les
côtes d'Afrique, et enfin revient à Brest. Élu
adjoint à l'Académie des sciences en 1770, il en devient
membre associé en 1785. L'Académie le charge de la
rédaction du «Voyage en Californie» de l'abbé
Chappe.
Assuré d'être directeur à la mort de son
père, il assume graduellement les responsabilités de
cette charge lorsque la maladie tient
Cassini III
éloigné de l'Observatoire. Il sera officiellement
nommé directeur en 1784. Il arrive alors à persuader
Louis XVI de l'urgence qu'il y a à restaurer le bâtiment,
qui n'a guère été entretenu depuis sa
construction. Il propose également une réorganisation
de l'Observatoire. Tous ces projets ne furent réalisés
que partiellement.
Il achève les travaux de la Carte de France et participe aux
opérations géodésiques de raccordement des
méridiens de Paris et de Greenwich.
Au début de la Révolution, il accepte quelques charges
politiques et participe pendant plusieurs mois aux travaux de la
Commission de l'Académie chargée de la
préparation du système métrique. Mais,
foncièrement attaché à la monarchie, il se
démet de ses fonctions en septembre 1793 ; de février
à août 1794 il fut même emprisonné au
couvent des Bénédictins anglais, rue Saint-Jacques,
à la suite d'une dénonciation du Comité
révolutionnaire de Beauvais. Lorsqu'il fut
relâché il se retira dans son château de Thury. Il
démissionne du Bureau des longitudes en 1795 et du nouvel
Institut national en 1796; cependant il acceptera son élection
comme membre de la section d'astronomie de la nouvelle Académie
des sciences en 1799.
Il renonce à son travail scientifique et se consacre à
des écrits polémiques visant à défendre le
prestige scientifique de la famille et à justifier son
attitude. Il publiera, en 1810, les Mémoires pour servir
à l'histoire des sciences et à celle de
l'Observatoire royal de Paris, précieux document fondé
sur des archives personnelles aujourd'hui disparues,
intéressant aussi par sa relation de la façon dont il
avait vécu la période révolutionnaire.
Maire de Thury, juge de paix du canton de Mouy, il se consacre
à ses administrés. Il sera pensionné et
décoré par Napoléon, puis par Louis XVIII. Il
meurt le 18 octobre 1845 à quatrvingt-dix-sept ans.
|