
- Lettre de G. Libri au Directeur de l’Observatoire de Paris à propos de l’emprunt des manuscrits Hevelius
Dans les années 1840, les archives sont victimes de Guglielmo Libri (1803 ?-1869). Ce dernier, profitant des missions d’inspection à lui confiées, a pillé de très nombreuses bibliothèques publiques. A l’Observatoire, plus de 570 pièces ont été prélevées dans la seule correspondance d’Hevelius qui en comptait environ 2700. A la suite de ce vol, Ludovic Lalanne fait un premier inventaire des archives en 1851 mais ce dernier ne sera remis à l’Observatoire qu’en 1879. Le seul accès aux collections est un catalogue succinct et incomplet dressé en 1854. Un certain nombre de pièces volées seront cependant restituées au cours du XIXe siècle, notamment par l’entremise de la Bibliothèque nationale.
Le mouvement d’enrichissement du patrimoine impulsé par l’Amiral Mouchez dès son arrivée en 1878 bénéficie aux archives comme au Musée. L’Observatoire obtient le manuscrit de la 3e édition du Système du monde de Laplace, ceux de Lalande pour le passage de Vénus sur le Soleil en 1769, les manuscrits d’Arago et de Le Verrier remis par leurs familles. On note également en 1883 le don des observations manuscrites de l’astronome Honoré Flaugergues (1755-1835), qui s’étendent de 1782 à 1830, celui de manuscrits de l’astronome Yvon-Villarceau (1813-1883) ou encore la correspondance entre le baron de Zach et J.J. Lalande (1792-1804). Ce nouvel afflux s’accompagne du lancement d’un catalogue, l’Inventaire général et sommaire des manuscrits de la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris, publié par Guillaume Bigourdan en 1895.
La suite de l’Inventaire général et sommaire est assurée par l’ouverture en 1921 d’une nouvelle série numérique démarrant au numéro 1001 tandis qu’entre 1922 et 1925, un dépouillement des archives du fonds Delisle est entrepris avec l’établissement d’un index alphabétique.

- Evry Schatzman devant le radiotélescope de Nançay
- Evry Schatzman devant le radiotélescope de Nançay
Au XXe siècle, les enrichissements les plus notables proviennent du versement des archives des directeurs et présidents de l’Observatoire ou de papiers de scientifiques (fonds Bernard Lyot, fonds Evry Schatzmann). Un dépôt important, celui des archives du Bureau des longitudes, est effectué au début des années 1980. La tradition des dons n’a pas totalement disparu : en 2008, l’Agence spatiale européenne a par exemple donné à l’Observatoire de Paris les archives relatives au satellite astrométrique HIPPARCOS, lancé en 1989.
Plus de 50% des fonds d’archives sont aujourd’hui inventoriés et accessibles via l’outil Alidade. La Bibliothèque a par ailleurs rejoint le réseau Calames mis en œuvre par l’ABES et les collections d’archives y seront bientôt signalées.