L'Agence Spatiale Européenne a sélectionné, le 12 octobre, 6 missions spatiales pour la période 2008-2012: BepiColombo, GAIA, LISA, NGST, Solar Orbiter et Eddington (en "réserve").
L'information détaillée, en anglais, est disponible sur le site de l'ESA,
à cette adresse
ou, en français, dans une
dépêche de l'AFP
Contacts:
Jean-Louis Bougeret , pour BepiColombo et pour Solar Orbiter,
Catherine Turon , pour GAIA,
Jean Schneider pour Eddington.
L'Observatoire de Paris est impliqué dans plusieurs de ces missions, en
particulier dans
BepiColombo ,
GAIA ,
Solar Orbiter ,
Eddington .
Brève description de ces 4 missions:
BepiColombo
Mercure est certainement la planète tellurique la plus mal connue
(tellurique = ayant une surface solide comme Mercure, Vénus, la Terre,
Mars), alors même qu'elle pose plusieurs problèmes fondamentaux. Moins
de la moitié de sa surface a été observée par la mission Mariner-10 en
1974, seule exploration spatiale à ce jour. Une des grandes surprises,
lors des trois rencontres effectuées en 1974, a été la découverte d'un
champ magnétique certes faible (1/100ème de celui de la terre), mais
suffisant pour créer un obstacle significatif à l'écoulement du vent
solaire et former la magnétosphère la plus étrange du système solaire.
Comment Mercure s'est-elle formée ? Pourquoi est-elle si dense ?
Son noyau est-il solidifié ? D'où vient son champ magnétique ? Quelle a
été son évolution géologique ? Quelles sont la nature et la dynamique
de sa magnétosphère ? Autant de questions qui défient nombre de modèles
actuels et nécessitent une exploration intensive.
L'aspect multidisciplinaire et surtout interdisciplinaire apparaît très
clairement dans cette mission ; c'est là aussi que se trouve son enjeu
et son extrême intérêt : par exemple les couplages entre surface,
exosphère (une variété d'atmosphère en reformation permanente) et plasma
environnant doivent être parfaitement compris, et ceci passe par plusieurs
disciplines scientifiques.
La connaissance précise des paramètres orbitaux de l'orbiteur de Mercure
permettra d'effectuer de nouveaux tests de la relativité générale, et de
mesurer avec précision le moment quadrupolaire du soleil ainsi que la
variation temporelle de la constante gravitationnelle.
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et là
GAIA
La détermination très précise des distances dans l'Univers est l'un des
défis majeurs de l'astronomie moderne. GAIA permettra d'atteindre une
précision de 10 micro-secondes de degré sur les parallaxes trigonométriques
(la parallaxe est l'inverse de la distance) d'étoiles de magnitude apparente
15, soit le diamètre d'un cheveu vu depuis une distance de 1000 km. Les
distances d'étoiles situées aussi loin que le centre galactique, où même que
le Grand Nuage de Magellan pour les plus brillantes d'entre elles, seront
ainsi déterminées avec une précision meilleure que dix pour cent.
Ces distances alliées à l'observation systématique des mouvements
(tangents et radiaux), et de la photométrie en 15 couleurs pour tous les
objets jusqu'à la magnitude apparente 20, permettra d'irriguer de très
nombreux domaines de l'astronomie et de l'astrophysique :
- analyse détaillée de la composition, de la formation et de l'évolution
de notre Galaxie, caractérisation des différentes populations d'étoiles et
identification des restes d'éventuelles rencontres avec d'autres galaxies
- analyse détaillée de toutes les phases de l'évolution stellaire
- calibration des luminosités absolues de tous les indicateurs de distance
- détection systématique, et caractérisation, de quelques dizaines de
milliers de grosses exo-planètes, orbitant autour de toutes les étoiles
jusqu'à 200 - 500 pc
- observation systématique des petits corps du système solaire
- étude dynamique des galaxies du Groupe Local, observation systématique
de quelques millions de galaxies et de quelques 500 000 quasars
- nouveaux tests contraignants de la relativité générale.
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Solar Orbiter
L'atmosphère du soleil et son environnement -l'héliosphère- constituent
un domaine unique où peuvent être directement observés et étudiés des
processus de physique fondamentale communs aux milieux solaires,
stellaires et astrophysiques, et aux plasmas de laboratoire, dans des
conditions impossibles à reproduire dans les laboratroires terrestres.
Utilisant les techniques de propulsion et la technologie développées
pour BepiColombo, la mission Solar Orbiter aura une orbite entièrement
nouvelle, s'approchant du soleil à l'intérieur de l'orbite de Mercure
(jusqu'à 0,21 Unités Astronomiques du soleil), et sortant du plan de
l'écliptique, permettant ainsi d'explorer des régions inconnues de
l'environnement de notre étoile.
En plus d'une exploration rapprochée et 'in situ' du soleil et de son
atmosphère, la mission Solar Orbiter a l'originalité de pouvoir suivre
le soleil 'en co-rotation', un peu comme les satellites géostationnaires
le font pour la terre, afin d'observer de façon continue et très
rapprochée les régions actives du soleil: taches, etc, pendant une
longue période de temps, bien plus longue que ce qui est possible depuis
la terre.
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Eddington
Eddington est une mission `de réserve' dont le planning sera fonction des
calendriers du NGST et de LISA.
Eddington a pour but de:
- sonder l'intérieur des étoiles par une sorte d'échographie. On peut
en déduire leur évolution, leur âge et le comparer à l'âge de l'Univers
- détecter quelques centaines de planètes hors du système solaire, dont
quelques dizaines semblables à la Terre. La méthode utilisée (`transits
planétaires') est la même que celle du satellite Corot et permet de
mesurer le diamètre des planètes.
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