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Des galaxies lointaines viennent d'être observées avec le
statellite ISO. L'analyse des données en infrarouge comparées à celles obtenues
dans le domaine radio et visible (Hubble Space Telescope et CFHT) fait apparaître que ces
galaxies sont le siège de très importantes formations d'étoiles. Ces galaxies
lointaines forment en moyenne cent fois plus d'étoiles que notre Galaxie, et bon
nombre d'entre elles sont en interaction. Ces interactions, par effet de marée
gravitationnelle, seraient l'élément moteur de l'intense formation stellaire.
Pour connaître le passé lointain de l'Univers, il faut pouvoir
observer des objets très éloignés, donc de luminosités très faibles. L'observation
d'un "champ profond" qui consiste à examiner pendant une longue durée une
partie du ciel, permet de déceler les objets les plus distants.
Des astronomes français, américains, canadiens et anglais ont
observé avec le satellites ISO (ESA) des galaxies lointaines, jusqu'à une époque
où l'Univers n'avait que le tiers de son âge actuel. Les données ainsi obtenues dans le
domaine de l'infrarouge ont été comparées avec celles acquises dans le visible et
l'ultraviolet avec le télescope Canada-France-Hawaii (CNRS - CNRC - Université d'Hawaii)
et le Hubble Space Telescope (NASA - ESA) et dans le domaine radio avec le Very Large
Array (NRAO).
L'analyse des données d'ISO fait apparaître que ces galaxies sont le
siège d'intenses formations d'étoiles qui ne sont pas observées dans les domaines
visible et ultraviolet car le rayonnement issu de cette formation stellaire est absorbé
par la poussière et réémis dans l'infrarouge.
Les galaxies les plus obscurcies sont dominées par des régions de
formation d'étoiles très massives (donc très brillantes et de durées de vie
courtes), dont les luminosités optiques sont fortement atténuées par d'importantes
quantités de poussières. Les galaxies de ce type révélées par ISO produisent en
moyenne cent fois plus d'étoiles que notre Galaxie. Elles sont relativement peu
nombreuses, mais leurs luminosités considérables font qu'elles contribuent, à elles
seules, à la moitié de la formation stellaire de l'Univers.
Les images de ces sources, fournies par le Hubble Space Telescope
montrent que ces galaxies ont des morphologies très variées (fig. 1). La plupart d'entre
elles présentent des signes d'interactions mutuelles très fortes qui, par effet de
marée, déséquilibrent le gaz des galaxies et provoquent par effondrement gravitationnel
des flambées de formation d'étoiles.
Le champ cosmologique étudié par ISO avait été
préalablement observé au Télescope Canada France Hawaii (CFHT) et au Very Large Array
(VLA). Il fait partie des champs cosmologiques étudiés par la collaboration
franco-canadienne CFRS (Canada France Redshift Survey), qui a collecté près de mille
spectres de galaxies faibles au CFHT. Son étude en ultraviolet et en lumière visible (20
nuits au CFHT, 40 heures au Hubble Space Telescope), en infrarouge (20 heures avec ISO) et
en radio (120 heures avec le VLA) a produit le catalogue le plus complet de sources
distantes observées à toutes les longueurs d'onde.
Globalement, les trois quarts de la formation stellaire dans l'Univers
sont invisibles aux longueurs d'ondes ultraviolet et visible. Cela souligne le besoin
d'observer en infrarouge, en millimétrique et en radio. Le petit nombre de galaxies
détectées par ISO représentent la majeure partie de la formation stellaire qui échappe
au domaine du visible, et devrait faire l'objet d'études de projets tels que le NGST
(New Generation Space Telescope), le LSA (Large Southern Array) ou FIRST (Far InfraRed and
Submillimeter Telescope).
L'équipe scientifique appartient à l'Observatoire de Paris
(fédération de recherche du CNRS), au Commissariat à l'Energie Atomique, à l'Institut
d'Astrophysique Spatiale (unité mixte du CNRS), à l'Université de Virginie (USA),
à l'Institut d'Astrophysique de Paris (unité propre du CNRS), au Dominion Astronomical
Observatory (Canada), à l'Université de Cardiff (Royaume Uni), et à
l'Université de Toronto (Canada).
H. Flores, F. Hammer, T.X. Thuan, C. Césarsky, F.X. Désert, A. Omont,
S. J. Lilly, S. Eales, D. Crampton, O. Le Fèvre, a paraître dans Astrophysical Journal.
H. Flores, F. Hammer, F.X. Désert, C. Césarsky, T. Thuan, D. Crampton, S. Eales, O. Le
Fèvre, S.J. Lilly, A. Omont, D. Elbaz a paraître dans Astronomy and Astrophysics.
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