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Une importante découverte vient d'être faite par un
astronome de l'Observatoire de Paris, Mohammad Heydari-Malayeri, en
collaboration avec une équipe franco-européenne, en
utilisant le Telescope Spatial Hubble.
Les astronomes commencent à bien connaître les
étoiles de faible masse, comme le Soleil. Il en va tout autrement
en ce qui concerne les étoiles massives et lumineuses. Ce sont de
gigantesques centrales nucléaires, qui transmutent
allègrement leur hydrogène en éléments plus
lourds, à un rythme effréné. Malgré leur
masse imposante, elles ne subsistent pas longtemps, c'est ce qui explique
la rareté de telles étoiles, éphémères
par nature. Il est donc extrêmement important d'observer les rares
specimens qui peuvent exister.
Les galaxies les plus voisines de la nôtre (les Nuages de
Magellan) montrent une riche collection d'objets, souvent plus visibles
que dans notre propre Galaxie (qui est encombrée de
poussières absorbantes). Mais ces galaxies sont très
lointaines (200 mille années-lumières), si lointaines qu'il
est difficile d'y voir des détails. Un objet lumineux du Petit
Nuage de Magellan était catalogué sous le nom de N 81 mais
était jusqu'à présent resté indéfini.
Grâce à la vue perçante du Telescope spatial Hubble
(de la NASA et de l'ESA) il apparaît maintenant qu'il s'agit d'un
véritable essaim d'étoiles très serrées :
elles sont séparées d'à peine un tiers
d'année-lumière. Le fait de pouvoir les distinguer
séparément, permet de reconnaître qu'il s'agit d'
étoiles massives et très lumineuses, nées en
même temps, très récemment. Il y en a une
cinquantaine. Les deux étoiles les plus brillantes de cet amas
d'étoiles sont 300mille fois plus lumineuses que notre Soleil,
elles sont très massives et épuisent rapidement leurs
réserves d'énergie : de telles étoiles ne peuvent
être que très jeunes. Cette observation a permis de "saisir
au vol" un phénomène rare. L'image exceptionnelle,
obtenue grâce au Télescope spatial, fournit une occasion
unique d'observer en détail les phénomènes violents
qui caractérisent les régions de formation d'étoiles
massives : vents stellaires très violents, ondes de choc etc.
L'une des étoiles de l'amas pourrait être un exemple d'un
type très rare d'étoiles dites Wolf-Rayet, ainsi
nommé d'après les noms de deux astronomes de l'Observatoire
de Paris qui avaient découvert autrefois ce type
d'étoiles.
Cette observation a un deuxième mérite. Ces étoiles
lumineuses et les phénomènes correspondants vont pouvoir
être comparés à ce qu'on sait, plus indirectement, de
phénomènes analogues dans notre propre Galaxie. Or les
objets, constituant la galaxie appelée Petit Nuage de Magellan,
sont différents de ceux de notre Galaxie : ils sont plus pauvres
en métaux . Ils sont en somme plus primitifs (puisque les
métaux se forment peu à peu au cours du temps dans les
galaxies). La comparaison permettra de poser un jalon vers la
compréhension de la formation des étoiles dans les
galaxies lointaines, qui restent bien mystérieuses. On les observe
(sans détails) à des milliards
d'années-lumières, et qui sont donc encore plus primitives
(et plus pauvres en métaux) et leur étude permettra de
remonter dans le passé lointain de l'Univers.
Ce résultat prometteur a été obtenu en
collaboration avec Michael Rosa (Coordination Européenne pour le
Télescope Spatial, Observatoire Européen Austral), Hans
Zinnecker (Institut d'Astrophysique, Potsdam, Allemagne), Lise Deharveng
(Observatoire de Marseille), et Vassilis Charmandaris (Observatoire de
Paris).
On peut voir une image aux adresses suivantes :
http://oposite.stsci.edu/1998/25
http://oposite.stsci.edu/pubinfo/latest.html
http://oposite.stsci.edu/pubinfo/pictures.html
On peut lire un texte plus technique sur la version du serveur en langue
anglaise, et obtenir d'autres informations par Mohammad Heydari-Malayeri
Observatoire de Paris Tél. 01-40-51-20-76
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